Lancement d’une entreprise: faut-il garder son job à côté ou pas ?

Vaut-il mieux garder son job à côté ou pas lorsqu’on lance une entreprise ? C’est la question que l’on se posait il y a quelques temps avec Fabrice de Prolire, ami blogueur toulousain. Mickael du blog Esprit Riche en parle aussi dans cet article.
Soit on attend de gagner suffisamment pour se lancer à 100%, soit on se jette à l’eau et on risque de manger du riz pendant quelques mois.
Si vous deviez monter votre entreprise, quelle serait votre stratégie par rapport à cela?
La première solution apporte plus de sécurité, mais la deuxième reste plus efficace.
Risque et sécurité
C’est sûr que l’idée de gagner de l’argent à mi-temps avec son entreprise tout en gardant la sécurité d’un job est très porteuse d’espoir, et semble magnifique à réaliser. Mais en pratique je pense qu’elle est trop lente, et que l’on risque de ne jamais se débarrasser de son job avec cette approche. On court le risque de rester dans l’eau tiède.
Le plus gros danger de partir à mi-temps est celui de se garder une issue de sortie. Et le problème quand on a une issue de sortie, c’est qu’on risque de l’empreinter ! Si on largue les amarres, on n’a plus le choix, il faut se lancer pour de bon. C’est aussi une aventure personnelle plus intense.
Finalement c’est une question d’eau tiède ou pas. Mi-temps ou plein-temps, l’important est de prendre une décision, une vraie décision, de type inéluctable. Si on SAIT qu’on va se lancer, la situation précise importe moins. C’est juste une question de temps avant qu’on soit à 100%.
Dans ce cas, le besoin de sécurité et de revenus stables peut être remis en perspective. S’assurer une sécurité de revenus en créant une entreprise à mi-temps avec un job à côté, c’est juste histoire d’avoir un peu plus de confort pendant les 3-4 premières années, mais sur le long terme ça ne change rien au résultat, à part le fait que ça le ralenti.
Pour ma part je préfère me lancer à fond, et si un jour tout s’écroule et que je n’ai plus de revenus, là je prendrai un job à mi-temps, ou je donnerai des cours particuliers pour subvenir à mes besoins. Mais dans ce cas c’est le job qui serait à mi-temps, pas l’activité principale.
Pour autant, faut-il se lancer tête baissée?
L’idéal je pense est d’avoir un business model dont on a prouvé qu’il marche dans la réalité. Si on se lance en solo, le mettre en place, le tester, alors que l’on a toujours son job, et à partir du moment où on arrive à gagner 300 ou 400 euros par mois, de se lancer à fond. A ce moment là, on sait que le business model est viable, on a les rails et on a le train qui est posé dessus, donc y’a plus qu’à pédaler plus pour faire avancer la machine plus vite. C’est aussi important d’avoir assez d’argent pour tenir environ 8 mois à un an, le temps de se développer, quitte à se faire sponsoriser par le Pôle Emploi.
Garder son job jusqu’à ce qu’on ait suffisamment de revenus à côté pour le quitter est un chemin plus long et indirect. Mieux vaut garder son job jusqu’à ce qu’on ait pu se prouver qu’on a un business model viable de manière certaine. Si ce n’est pas encore le cas on peut se concentrer là dessus, en cherchant, testant etc. jusqu’à qu’on réussisse à gagner quelques centaines d’euros pas mois. Ensuite tout est histoire de décision. Et si la décision est prise, ce n’est plus la peine d’attendre.
Photo Carlos Casas.
Comme je l’ai écrit sur le blog de Michael, Esprit-Riche, je pense que cela dépend tout d’abord de ton statut familial. Il va de soi que le seul revenu d’une famille avec enfant, ne peut alors quitter son emploi du jour au lendemain… Pour reprendre la méthapore du loup et du chien, un loup trop affamé, même s’il sera plus combatif qu’un chien qui attend sa pâtée, pourra tout de même mourrir de fin… lui, sa louve et ses louveteaux
Surtout, je suis de celle sui pense, que si notre objectif de devenir entrepreneur, sur le net ou pas, est un OBJECTIF de VIE. Alors on peut, il faut, se mettre dans un état d’esprit où le succes sera inevitable.
Chaque minute de temps non contraint (par son emploi) doit être alors utilisé pour cet objectif. Si y parvenir devient en quelque sorte vital, on trouvera le temps d’y travailler. Réveil bcp plu stôt, plus de TV, etc…
Je ne suis pas certain que le statut familial soit si déterminant. Même sans enfant on ne peut quitter son emploi du jour au lendemain de toutes façons. Il faut avoir un projet solide dans ce cas là aussi. Donc oui, passer chaque minute de son temps libre à élaborer, tester, solidifier son projet jusqu’à ce qu’il fasse ses preuves…ou pas.
Mais une fois qu’on a un projet établi et qu’on sait qu’il marche, il faut bien se lancer pour le mettre en place. Et là je pense qu’il vaut mieux y aller à fond.
En fonction du projet, on peut éventuellement avoir recours à des financements s’il y a besoin d’argent au départ.
Bonjour Alban,
personnellement je me lance dans l’aventure, je n’ai pas de business model je suis encore en plein dans les études, c’est plutôt la curiosité qui m’anime.
Pourtant je suis plutôt de ton avis concernant la prise de risque, il faut avoir l’esprit à son projet pour exploiter pleinement ses capacités créatives.
Il suffit d’être préoccupé pour « brider » ce processus.
On peut être préoccupé par notre travail, mais on peut aussi être préoccupé par nos manques de moyens.
A vrai dire les solutions ne sont pas totalement blanches ou noires: alors rester pro-actif comme tu le dis avec la création d’un business plan est vraiment primordial en effet.
Si on a la possibilité de garder son emploi, oui sans aucun doute!
Après tout dépend de l’entreprise. Si on peut monter son business comme toi sur le net, cela offre pas mal de possibilité de multiplier les sources de revenus et ainsi atténuer les risques.
Car la différence est grande entre entreprise du net et entreprise physique mais cela est un autre débat…
Et beh, il y en a des blogueurs toulousains!!!
Alban, je te cite : « Je ne suis pas certain que le statut familial soit si déterminant. Même sans enfant on ne peut quitter son emploi du jour au lendemain de toutes façons. »
Alors t’imagine bien que lorsqu’on en a des enfants à charge, on ne se pose quasiment même plus la question
C’est en cela que justement, ça influence la décision !
@ Sylvie: Eh bien ce que je veux dire c’est qu’il est utile d’avoir un projet solide. Après si tu as un projet solide, le fait que tu aies des enfants ou pas ne doit pas t’empêcher de t’y consacrer à plein temps. Comme le dit Bertrand c’est bien plus efficace « d’avoir l’esprit à son projet pour exploiter pleinement ses capacités créatives ».
Je ne sais pas où tu en es de ton parcours d’entrepreneur, mais si ça se trouve on ne parle pas exactement de la même chose. Peut-être que tu en es au stade où tu cherches ton projet, que tu le testes pour voir si ça marche. Là bien sûr ce serait un risque non calculé de se lancer !
Quoi qu’il en soit le besoin de sécurité financière est quelque chose de subjectif, et c’est à chacun de s’assurer un chemin qui lui convient
@Jérôme : justement, sur Internet, on peut se lancer sans dépenser d’argent au départ, et ça fait qu’il y a bcp plus de monde qui se lance sur le net tout en gardant son job à côté.
Quand on se lance hors ligne, la plupart du temps, il faut des financements, du temps, de la main d’œuvre etc. Je trouve que c’est beaucoup plus difficile de se lancer ET de garder son job pour une entreprise hors ligne. Ce sont des projets beaucoup plus lourds et qui demandent plus d’engagement de la part des entrepreneurs.
Mais sinon oui on est beaucoup de blogueurs à Toulouse, tu verrais les réunions blogsurgaronne, c’est blindé
je trouve ce type de problématique un peu surfaite. voyez-vous , j’ai fait l’inventaire des statuts sociaux en france ils sont 8 du salarié en passant par le fonctionnaire .; jusqu’à l’entrepreneur . alors une question se pose . Savez-vous d’où vient cette séparation artificiel de statut ( oui car en france le statut compte+ que le métier formidable archaïsme..) . elle vient d’un certains pierre poujade qui avait constaté en 1956 que les indépendants gagnaient plus que les salariés à cette époque et avait voulu séparer la caisse de sécurité sociale en deux caisses : le régime des salariés et le régimes des TNS .
résultats eh bien on a opposé ces deux type de travailleurs . alors messieurs , dames je vous mets dos à dos : la création d’entreprise ou on l’a dans la peau ou pas .
il n’y a aucune tiédeur qui tienne là-dedans hormis cette sorte de » bouillie » et ce mythe du salarié entrepreneur.
ça n’existe pas car en cette matière il faut être clair sinon c’est peut-être bien que oui peut-être bien que non.
Cà le marche pas.
je vous laisse sur cette réflexion : le travailleurs indépendant ou le salarié sont-ils des statuts sociaux ou des métiers ?
bien à vous et très belle année 2011 à tous
LAURENT
développeur d’affaire
SKYPE / laurent.durieux1
Merci pour la mention Alban. Tu as donc développé ton point de vue dans un article. C’est une bonne idée. Je comprend ta vision sur la notion de porte de sortie qui augmente le risque d’échec. Cela fait réfléchir.
Il ne me reste plus qu’à développer plus en détail ma vision des choses sur le sujet
@Laurent : tu parles du mythe salarié entrepreneur. Tu penses que ce sont deux termes incompatibles ?
Pour moi, il y a une différence entre un poste de type « commercial » qui consiste à être relativement autonome pour gérer des clients, et un poste où on ne suit que des directives provenant de la hiérarchie.
[...] avec Alban, un entrepreneur et ami toulousain. Récemment, il a développé son point de vue dans un article de son blog, j’ai donc décidé d’en faire de [...]
Question très pertinente. Chaque projet est différent mais je crois qu’il est toujours intéressant de tester son idée avant, donc garder une certaine sécurité. Très bonne question…