Le parcours pour lancer mon entreprise

Chemin

Hier soir quelqu’un m’a demandé « mais comment as-tu fait pour te lancer en tant qu’entrepreneur? ». La réponse c’est que ça a été un chemin pas si linéaire que ça!

Fin du job 1

En fait, fin 2007, je travaillais en Irlande, chez Apple, et j’ai quitté ce job, avec environ 2500 € sur mon compte en banque.
J’ai fait cela car je voulais monter mon premier site web. Le problème, c’est que je ne connaissais rien à Internet, et deux mois et demi après avoir quitté mon emploi, je n’avais presque plus de sous et bien sûr, le site n’étais pas encore en ligne.

A l’arrache comme on dit :)

Je me souviens pourtant que je gardais un sentiment de confiance sans faille, parce que je SAVAIS qu’un jour je créerai mon entreprise, et j’étais plutôt fier de moi car j’étais parti pour faire ce que je voulais (c’est pas parce qu’on n’a plus une tune qu’il faut pas s’auto congratuler  Clignement d'œil ).

Mais à ce moment je me suis retrouvé devant un choix : soit je cherche un nouveau job en Irlande (ce qui a l’époque était relativement facile parce que c’était encore le boom économique), soit je rentre en France et je prends le CDD d’un an que me proposait l’association dans laquelle j’avais effectué mon stage de fin d’étude (j’ai fini mes études à l’été 2007, et je suis parti en Irlande tout de suite pour voyager un peu).

J’ai pu trouver un nouveau job en Irlande, mais pour m’y rendre chaque matin il m’aurait fallu acheter une voiture, avec de l’argent que je n’avais pas. Ca a fait pencher la balance et je suis rentré en France.

Retour à la case départ

Or, quand je suis arrivé, l’association qui devait m’embaucher m’a annoncé qu’ils n’avaient pas eu les soutiens financiers escomptés et que pour le moment, ils ne pouvaient pas m’embaucher. Mais « ils espéraient pouvoir le faire le mois prochain ».

Résultat : 6 mois chez mes parents, pendant lesquels je dois dire, je me suis bien éclaté, à aller surfer dès que les vagues étaient bonnes (ils habitent dans le sud ouest de la France) et à continuer la création de mon site web. Comme des vacances en famille en quelque sorte. Il faut dire aussi que je ne cherchais presque pas de job. Je voulais juste trouver un petit CDD d’un an ou deux le temps de me préparer pour lancer mon entreprise. C’est pour ça que le CDD de l’association en question m’allait bien : c’était juste pour un an, et c’était dans la ville que je voulais, donc ça m’arrangeait bien.

Je vous passe les détails, en juin de cette année, j’ai trouvé trouvé un petit contrat d’un mois, qui m’a permis de venir à Toulouse et de m’y installer. Bien évidemment, je suis arrivé avec un mois de loyer et fini le petit contrat je suis vite arrivé à court d’argent. Dans ma tête cette période reste pourtant comme une super époque. Pour réussir à payer mon loyer (c’était une colloc, donc il ne fallait pas énormément d’argent), j’ai commencé à donner des cours particuliers d’anglais. Je parle anglais plutôt bien car c’est une langue que j’ai toujours beaucoup aimé et j’ai habité un an en Angleterre et travaillé 7 mois en Irlande. Pourtant je n’étais pas prof ni rien, mais il fallait bien que je réunisse rapidement 500 à 600 euros par mois (qui ajoutés aux APL, aux invitations de mes amis et de ma copine, me suffisaient pour vivre).

Première idée

Et c’est là que ça a commencé à faire clic. En un mois et demi deux mois, j’ai réussi à avoir une dizaine de clients, à 15 euros de l’heure, ça me faisait 150 euros par semaine, et donc environ 600 euros par mois.

Ca ne paraît pas mirobolant comme ça mais je commençais à devenir indépendant financièrement sans avoir besoin de job, et ça n’avait pas été si compliqué à mettre en place. Relativement facile même. Après avoir collé des affiches un peu partout en ville et mis tout un tas d’annonces sur Internet, je devais refuser des nouveaux élèves pour avoir le temps de continuer à m’occuper de mon site.

Peu à peu l’idée de créer une entreprise de cours d’anglais m’est apparue. Je me voyais déjà en train de prendre plusieurs élèves à la fois pour multiplier les revenus par heure, puis embaucher des anglophones pour donner les cours et m’occuper de la gestion de l’entreprise.

Site web

Entre temps, j’avais réalisé mon premier rêve de lancer mon site web, avec un certain succès puisque dès le troisième ou quatrième jour il avait reçu un pic de traffic de 155 visiteurs et plus de 600 pages vues, grâce à un article spécial du plus grand blog de développement personnel de l’époque, palsambleu.fr.

L’adresse de mon site était goalz.fr.

Il permettait à tous les inscrits de parler publiquement de leurs objectifs, de se faire encourager et d’encourager aussi les autres. Chaque membre pouvait en fait bloguer sur ses objectifs. Il y avait un super état d’esprit sur ce site, c’était très positif et j’avais l’impression de faire quelque chose qui avait du sens.

Un mois et demi plus tard j’avais même fait une interview téléphonique en direct sur Internet avec Sébastien Night, le coach en séduction, qui m’avait proposé de l’interviewer à propos de développement personnel et de présenter mon site à son audience. Moi je me sentais venir de nulle part, 6 mois plus tôt je ne connaissais rien à Internet et j’avais l’impression que son audience était énorme (et c’était le cas). J’ai dû bafouiller tout le long de l’interview mais mon site a décollé et a dépassé les 1 000 pages vues dans la journée, et a reçu plusieurs dizaines de nouveaux membres.

Grande nouvelle

On arrive en septembre 2008, et là grande nouvelle : l’association a enfin reçu les fonds pour m’embaucher. Mais ma réaction n’était pas exactement celle que j’attendais. Ce qui aurait été une nouvelle fort sympathique quelques mois plus tôt est devenu un dilemme à rester éveillé la nuit.

La question que je me posait alors était: “Qu’est-ce que je fais ?” Faut-il accepter cette embauche ou continuer sur ma lancée et créer mon entreprise ? Pour moi, être embauché ce n’était qu’une solution temporaire le temps de trouver un projet et de me lancer en tant qu’entrepreneur, un projet que j’entretenais depuis déjà deux ans. Or à ce moment là, je commence à tenir un filon pour me lancer. Ce n’est pas encore très solide, mais je commence à croire que j’en suis capable.

Dans mes hésitations, j’ai appelé tous mes proches, cherché conseil partout. Je pense que je cherchais surtout du courage en fait. Finalement, un peu à contrecœur, j’ai choisi la sécurité et j’ai accepté le job, un CDD d’un an, de novembre 2008 à novembre 2009.

Aujourd’hui je ne sais toujours pas si ça a été la bonne solution. Cela m’a peut-être fait perdre du temps, ou peut-être pas, mais je me suis rendu compte que ça n’aurait rien changé au résultat final. Ca m’a simplement donné plus de confort pour me lancer un an plus tard.

J’ai laissé mon premier site goalz.fr tomber en désuétude (il est toujours en ligne mais il n’est plus fonctionnel). Il avait de gros défauts techniques qui le rendaient compliqué à entretenir et qui l’handicapaient lourdement du point de vue du référencement.

Site web encore

J’ai crée dans mon temps libre un deuxième site, sur lequel j’ai mis une partie des cours d’anglais que je donnait avant. Fort de mon expérience précédente, je l’ai créé de manière beaucoup plus structurée et l’ai rendu bien plus simple à entretenir. J’ai aussi créé un contenu plus ciblé et qui apporte de vraies réponses aux lecteurs.
En moins d’un an il a dépassé les 3 000 pages vues par jour, et aujourd’hui il dépasse fréquemment les 10 000 pages vues par jour. Il a aussi près de 8 000 abonnés email, avec parfois jusqu’à 100 nouveaux inscrits par jour !

Pendant cette année de travail employé, je me suis préparé pour me lancer. Je me suis constitué un petit matelas financier pour voir venir. J’ai formé de nombreuses relations dans le domaine du webmarketing, j’ai lancé plusieurs projets, seul et avec un ami. J’ai énormément appris, et finalement, j’ai décidé de me lancer à 100% sur Internet.

Fin du job 2, champagne

En partant de mon job, j’ai aussi bénéficié des Assédics, ce qui m’a aidé, et en mai suivant, j’ai officiellement créé ma structure. Maintenant, je ne regrette vraiment pas de m’être lancé. Presque tout reste encore à faire, mais j’ai dépassé les 1 000 € mensuels de revenus automatisés, qui sont toujours en augmentation, j’espère faire beaucoup mieux dans les mois et années à venir. Je pense aussi qu’il est possible d’aller beaucoup plus vite que je ne l’ai fait avec un peu plus de stratégie, mais je reste vraiment content d’avoir avancé comme ça !
Hier ma première petite formation payante a été mise en ligne, et elle s’est vendue en 15 exemplaires dès le premier jour (champagne!).

En tout cas on peut bien voir que mon parcours n’est pas linéaire. J’ai un objectif auquel je peux me raccrocher tout le temps, mais la technique pour y arriver reste assez sinueuse ! Si vous hésitez à vous lancer j’espère que d’une manière ou d’une autre ça va vous donner du courage Clignement d'œil .

Et pour ceux qui sont chefs d’entreprise, quel a été votre parcours pour vous lancer ? Est-ce que ça a été plus direct ?

Photo par rogilde – roberto la forgia


18 commentaires on “Le parcours pour lancer mon entreprise”

  1. 1 Les tweets qui mentionnent Le parcours pour lancer mon entreprise | Développement Personnel -- Topsy.com said at 18 h 57 min on novembre 19th, 2010:

    [...] Ce billet était mentionné sur Twitter par Dev Perso, Mohamed Semeunacte. Mohamed Semeunacte a dit: Le parcours pour lancer mon entreprise http://bit.ly/9PIR8e Par Alban [...]

  2. 2 Mohamed Semeunacte said at 20 h 03 min on novembre 19th, 2010:

    C’est ce que j’avais besoin de lire, merci beaucoup Alban.

    Je viens de démissionner et dans quelques mois, je ne sais pas où je serai sur cette petite boule bleue. Bref je viens de passer la journée à constituer des listes d’écoles internationales et de voir comment faire pour que les employeurs me trouvent.

    Dans le même temps, j’ai Semeunacte qui se developpe bien mais que je ne monétise pas pour le moment.

    En fait ton histoire me fait dire qu’en fait je cherche peut-être du travail dans la mauvaise direction. Bref bravo Alban et merci pour cet article :-)

  3. 3 durieux) said at 20 h 13 min on novembre 19th, 2010:

    bonjour, actuellement j’ai quitté mon activité de travailleur indépendant mais je suis devenu vendeur distributeur indépendant au sein de la plus société de marketing relationnel au monde .

    J’ai bien l’intention de créer mon entreprise car je crois qu’à 48 ans ,hélas en france on est un  » has been  » .

    si vous voulez partager avec moi des idées sur la création d’entreprise , àça sera volontiers.

    cordialement

    LAURENT DURIEUX

  4. 4 Wiss said at 20 h 15 min on novembre 19th, 2010:

    Bravo et respect à toi, tu t’es mis un objectif dans la tête et malgré les différentes péripéties, tu t’y es tenu.
    Je te souhaite la plus grande réussite que tu mérites assurément !

    Wiss

    Ps : Une dernière chose, t’as eu de la chance sur une chose : Savoir faire du surf !

  5. 5 dynaman said at 21 h 10 min on novembre 19th, 2010:

    mohammed , franchement tu aimerais monétiser ue activité ? franchement internet est une solution de longue haleine et pour monétiser un site il faut toujours servir  » monsieur google » et franchement ça cest ma merde .
    si je puis tedonner un conseil , essaie le marketing relationnel. Je peux te brancher dessus si tu le désires.
    cordialement

    LAURENT

  6. 6 ProLire said at 21 h 34 min on novembre 19th, 2010:

    Très intéressant ton parcours.
    Je ne pensais pas que goalz existais toujours, il me semblait que c’était devenu ce blog (quoique de mémoire, celui ci s’appelait gooalllzzz ou un truc dans le genre). Provoquer le destin pour changer brutalement de vie, c’est un choix courageux, contrairement à la philosophie type Jim Rohn de se lancer progressivement en affaires à temps partiel. A méditer…

  7. 7 Sebastien said at 0 h 37 min on novembre 20th, 2010:

    eh !! pas mal Alban ! que de confidences !!
    C’est touchant !
    C’est bien que tu aies écrit un tel billet !
    bravo !
    Tu as suivi ton objectif , alors maintenant : « Objectif Confort !  »
    Un journaliste de Sud Radio doit te contacter prochainement au sujet d’AnglaisCours. Je lui ai parlé de toi aujourd’hui.

  8. 8 Alban said at 18 h 16 min on novembre 20th, 2010:

    @ Mohamed : super, je suis content que l’article t’ai parlé. En tout cas bon courage pour la suite, mais je ne me fais pas trop de soucis pour toi ;)

    @ Durieux : bon courage aussi. C’est sûr que l’âge importe peu pour monter sa boite. D’ailleurs il faudrait vérifier l’info mais il me semble que celui qui a créé MacDonald avait 51 ans quand il a commencé cette boite. Pas forcément le modèle que tout le monde veut suivre mais bien encourageant tout de même ;)

    @ Wiss : Merci ! de même pour toi, j’espère que ça se passe bien à Bordeaux ;)

    @ Prolire : Ah je savais pas que Jim Rohn avait cette philosophie du temps partiel. En effet tout doit être possible, même si je suis plus partisan d’y aller à fond une fois qu’on a décidé de se lancer.

    @ Seb : Super, bonne nouvelle pour le journaliste !
    Bravo pour ton nouveau site au fait ;)

  9. 9 Jérôme said at 19 h 24 min on novembre 20th, 2010:

    Ton article est vraiment très motivant !
    C’est la preuve que les jeunes peuvent créer leur entreprise très tôt, et même juste après avoir été salarié dans une société.
    Mais pourquoi as-tu quitté Apple, une boîte qui fait tant rêver ?

  10. 10 Alban said at 1 h 15 min on novembre 21st, 2010:

    Ben je bossais certes à Apple mais j’étais au service après vente – mon job était d’expliquer aux clients pourquoi leur MacBook était pas encore arrivé ou comment faire pour télécharger la clé pour Quicktime après l’avoir achetée, ce genre de trucs ;)
    C’était une super expérience d’avoir bossé là-bas, mais c’était un petit job histoire de voyager :). Même si je n’avais pas voulu monter d’entreprise, je n’y serais pas resté plus de quelques mois.
    Au passage ça m’a bien appris sur l’importance du SAV et m’a montré comment gérer des clients après l’achat.

  11. 11 Jérôme said at 1 h 22 min on novembre 21st, 2010:

    D’accord. Comme quoi l’entreprise ne fait pas tout. C’est la mission et le poste qui ont le plus d’importance au final ;-)

  12. 12 Olivier said at 14 h 03 min on novembre 22nd, 2010:

    Merci pour ce partage. Ton expérience montre bien que la perséverance porte ses fruits.
    Après, je remarque que lorsque les gens veulent se lancer dans l’entrepreunariat, on a toujours ce dilemne qui pointe le bout de son nez : Faut-il tout quitter (notamment son emploi) pour se lancer dans l’aventure ou bien garder son emploi et bosser sur son projet à côté. Je ne suis pas sûr qu’il y ait une réponse unique. Il faut vraiment écouter sa personnalité et de toute manière, je suis convaincu que ces deux manières permettent de réussir.

  13. 13 Twitted by Sameliorer said at 23 h 18 min on novembre 22nd, 2010:

    [...] This post was Twitted by Sameliorer [...]

  14. 14 jerome said at 23 h 32 min on décembre 3rd, 2010:

    Tu es parti de pas grand chose et maintenant tu entrevois le bout du tunnel.
    Un beau parcours même si il n’est pas achevé et que de grandes choses t’attendent. Je l’espère de tout cœur car tu le mérites par ta gentillesse.
    Je te souhaite les 5 lettres magiques! :)

  15. 15 Alban said at 20 h 27 min on décembre 4th, 2010:

    Merci Jérôme ! Oui en effet je commence à entrevoir le bout du tunnel (si on peut appeler ça comme ça étant que je trouve ça plutôt cool). Ce mois-ci pour la première fois depuis que je me suis lancé, j’ai gagné plus que lorsque j’étais employé ! Une belle p’tite victoire personnelle quand même ;)

  16. 16 Thomas said at 9 h 50 min on décembre 16th, 2010:

    Merci de partager ton parcours avec nous ;-)

    Ce qui me frappe, c’est que bien souvent, on découvre des opportunités incroyables sans même s’en rendre compte immédiatement.

    Au début, tu donnais des cours d’anglais pour payer ton loyer, et ce n’est qu’ensuite que tu as réalisé que tu pourrais optimiser le concept et en vivre :-)

    La même aventure m’est arrivée dans le domaine de l’informatique et je suis justement en train d’investir mon énergie dans ce domaine pour optimiser mon concept qui a aussi malgré moi rencontré un véritable succès.

    I wish you all the best. Keep going on this way !

  17. 17 Alban said at 11 h 25 min on décembre 17th, 2010:

    Merci pour tes commentaires Thomas !

    En effet oui, c’est fou, on commence quelque chose sans vraiment savoir où ça peut mener, sans y penser même, et de fil en aiguille, ça débouche sur de super opportunités.

    C’est juste quant on est en mouvement que les portes s’ouvrent, même si elles ne le font pas de la manière à laquelle on s’attendait.
    Ca nous ramène encore à l’importance de l’action. Parce qu’on ne peut pas toujours deviner ce qui va arriver juste en réfléchissant avant de commencer qqch.

  18. 18 Thomas said at 14 h 02 min on décembre 17th, 2010:

    @Alban : Exactement, d’où la nécessité d’agir et de se lancer dans le doute.

    Et cela me fait penser à l’un des récents articles (Arrêtons de positiver !) de Jean-Philippe où il disait ceci : « Acceptez que vous êtes, par exemple, démotivé et puis, voyez quelle action vous pouvez entreprendre à côté. Même si elle est toute petite, elle vous permettra d’avancer, de comprendre que même si on n’est pas très heureux aujourd’hui, on peut quand même accomplir des choses, en attendant que notre humeur change. »


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novembre 19th, 2010 Par 18 Commentaires »