Être autodidacte Vs apprendre à l’école
Autodidacte – apprendre par soi-même, ceci est le thème du carnaval des blogs « A la croisée des
blogs » qui est organisé ce mois-ci par Laurent Brixius, du blog ArchiMarketing. Vous pouvez lire le billet récapitulatif de Laurent sur cette adresse.
Je ne suis pas spécialiste de la question, mais mes réflexions et mes observations m’ont amené à cette conclusion :
- Il n’y a pas forcément de relation réelle entre réussite et diplôme. Cette relation me semble tenir plus de la valeur sociale des diplômes que de leur valeur réelle.
- L’école a fortement tendance à formater les élèves. Elle apprend surtout à être récepteur passif qu’émetteur actif.
- On apprend plus avec les autres que seul. Donc pas la peine de faire tout un flan du mythe du self made man. Rester humble, avoir des mentors, un entourage qui nous soutient, prendre des cours, ça aide et ça fait partie de toute réussite épanouissante, diplômé ou pas.
- Cependant, on ne peut pas échapper à l’auto-formation. Quelque part on est tous des autodidactes, même si on a des diplômes.
Concernant le rapport entre école et réussite, il n’y pas de règle. Certains sont autodidactes, et réussissent mieux que des bac + 8. Pourtant il y a des autodidactes qui restent pauvres toute leur vie.
A l’opposé, certains on bac + 5 ou bac + 8, et ils sont au chômage ou font un job payé le salaire minimum.
Certains sont bardés de diplômes compliqués, et ils sont cons comme des balais. (et j’ai des exemples
)
Certains ne sont pas allés à l’école, et ils sont cons comme des balais tout pareil.
Certains ont des diplômes, et ils sont intelligents.
Certains n’ont aucun diplôme, et ils sont tout aussi intelligents.
Vous voyez où je veux en venir. Il est tout à fait possible de choisir l’auto formation et de se planter, tout comme il est tout à fait possible de se former à l’école et de se planter.
Le fait de choisir entre l’école et l’auto formation ne me semble pas avoir une influence déterminante sur la qualité de l’enseignement. Il y a d’autres facteurs qui me semblent plus importants.
Le cône de l’apprentissage et la qualité de l’enseignement
Un Universitaire américain, Edgar Dale, a réalisé une étude sur l’apprentissage et l’efficacité des méthodes.
Il a baptisé cela, le cone of learning. Le voici ci-dessous (en anglais).
On voit qu’une des plus mauvaises manière d’apprendre, c’est de lire. 10 % seulement de ce qui est lu est retenu en moyenne par les étudiants deux semaines après le cours.
Une des autres plus mauvaises manières, c’est d’écouter un cours un cours parlé. 20% de ce qui est dit est retenu après 15 jours.
On constate ensuite que plus les étudiants sont actifs pendant l’enseignement, plus ils vont retenir ce qui est dit.
Apprendre en jouant (avec une simulation) est un très bon moyen d’apprendre. Apprendre en faisant réellement ce qui est à apprendre, semble rester la meilleur méthode.
L’école utilise-t-elle les plus mauvaises méthodes d’apprentissage ?
Je remarque que selon ces critères, les écoles qui ne font pas participer les élèves sont une mauvaise source d’apprentissage. En effet, les deux media les plus utilisés pour apprendre à l’école sont la lecture, et le cours prof-élève. D’après l’étude d’Edgar Dale, il s’agit des deux plus mauvaises manières d’apprendre.
J’imagine donc que les stages sont une très bonne manière de se former, pas étonnant que les diplômes qui incluent des stages se développent beaucoup en ce moment. Mon avis personnel d’étudiant fraîchement diplômé est que les cours sont encore loin d’être assez participatifs, et encore beaucoup trop magistraux, mais que l’on peut trouver certaines pépites parmi les cours qui sont proposés, pour peu que l’on sache ce que l’on cherche.
Alors pourquoi, en France surtout, les écoles, et surtout les grandes écoles, bénéficient-elles d’une si bonne image sociale?
Il doit y avoir beaucoup de critères que je ne connais pas, mais je remarque que les concours d’entrée sont très sélectifs, en rendant l’accès difficile.
Or c’est un principe connu en manipulation que plus un groupe est difficile d’accès, plus les membres ayant réussi à e faire intégrer accorderont de la valeur à l’enseignement et se sentiront soudés au groupe. Ainsi, plus le concours d’accès est difficile, plus on accorde de l’importance au diplôme et plus le réseau des anciens étudiants est soudé. La valeur de l’enseignement des grandes écoles est donc largement gonflée par les réseaux soudés des anciens élèves et par la bonne image sociale qu’ont les diplômes auprès de la société et donc des recruteurs.
Auto Formation = pas facile
Cependant, si l’école utilise principalement les deux méthodes les plus inefficaces, on voit que l’on peux tomber dans ce piège avec l’auto-apprentissage. Lire, lire, lire, sans jamais commencer à appliquer, revient au même niveau efficacité.
Par ailleurs, apprendre seul demande plus de volonté et de discipline qu’apprendre en groupe.
Capacité d’émission, capacité de réception
Il y a quelques mois, je suis allé à une conférence (qui se tenait à l’ESC de Toulouse d’ailleurs
), sur le thème de l’entreprise et des jeunes.
L’intervenant principal de cette conférence était Yvon Gattaz. Chef d’entreprise et ancien patron du CNPF, aujourd’hui le MEDEF.
Il a abordé le thème de la formation à l’école, à propos de la création d’entreprise.
Il disait que chaque être humain est comparable à une station de radio émetteur / récepteur : On est tous capables de « recevoir » (des informations, des cours, des divertissements, des sons, etc.) et « d’émettre » (concrétiser des projets, agir, créer, faire des plans etc.).
Or disait-il, l’école nous apprend parfaitement bien à développer nos capacité de récepteurs. Les élèves se font nourrir de savoir, ils sont en position de recevoir les cours.
Cependant, pour la création d’entreprise, (et souvent, pour la vie professionnelle en général), être un récepteur ne sert à rien. Ce qu’il faut, c’est créer, agir, vendre, être un émetteur. Les diplômes ne garantissent donc en rien que l’on va être capable de devenir accomplis dans la vie professionnelle.
Le savoir est une arme oui, tant que les savoir sont confrontés à la réalité pour être réajustés. Tant qu’une connaissance n’est pas « field testée », elle n’est pas vraiment acquise. Il doit y avoir une dimension empirique dans le savoir je pense.
La savoir, ça se transmet
Certes, on peut apprendre tout seul. Seulement on est vite confronté à ses propres limites. Le savoir utile, ça se transmet. Grâce à l’aide des autres, on peut bénéficier d’une expérience préalable qui a déjà été confrontée à la réalité.
C’est pour ça que je suis un peu sceptique par rapport aux self made men. Ca sonne certes assez bien d’être self made man, mais on ne peut réussir sans savoir s’entourer et sans choisir ses exemples. L’entourage est en fait une composante à maîtriser pour arriver au succès je pense.
Voilà, et vous, quelle est votre opinion sur la meilleure manière de se former ?
Bravo pour ta pyramide d’Edgar Dale, je la connaissais! Oui, je crois que l’auto formation ne peut que compléter la formation pratique, sur le terrain. Celle avec un mentor, quelqu’un qui « est déjà passé par là » ou qui « est dedans » est la plus efficace et la plus durable. Après, on peut étudier soi-même et s’essayer soi-même en pratique. « Knowledge is not the power, action and implementation are »!
A bientôt,
Amitiés,
Denis
Bravo pour ta pyramide d’Edgar Dale, je la connaissais! Oui, je crois que l’auto formation ne peut que compléter la formation pratique, sur le terrain. Celle avec un mentor, quelqu’un qui « est déjà passé par là » ou qui « est dedans » est la plus efficace et la plus durable. Après, on peut étudier soi-même et s’essayer soi-même en pratique. « Knowledge is not the power, action and implementation are »!
A bientôt,
Amitiés,
Denis
Billet interessant!
Quand on parle d’apprentissage on parle souvent de memoire, « we tend to remember », c.a.d d’apprentissage par coeur. Je n’ai jamais cru au par coeur, certainement parce que j’ai beaucoup de mal a le faire
J’ai besoin de comprendre quelque chose pour le retenir, ce qui m’a valu des problemes a l’ecole dans la mesure ou on m’expliquait rarement le but applicatif de ce qu’on m’enseignait, pour ne pas dire que l’on m’a souvent critique et reproche de chercher a comprendre. Je pense que c’est le gros probleme de l’enseignement. Comme tu dis, c’est du formatage.
Je pense que quand tu as vraiment compris quelque chose, tu t’en souviens toute ta vie. Et pour le comprendre il faut le vivre, le digerer, le mettre en pratique (exercices, stages, « field test »
. Richard Feynman raconte dans son livre autobiographique comment il a « piege » l’etudiant le plus brillant d’une fac qui connaissant par coeur tout le programme de l’annee mais qui, en realite, ne comprenait rien a ce qu’il avait « appris ». Un diplome evalue essentiellement ta capacite a preparer le diplome en question.
Aurelien
Salut,
ce que tu dis me fait vraiment penser au slogan « Apprendre à apprendre » dans lequel j’adhère totalement. Il s’agit de mettre les élèves en situation d’auto-apprentissage.
Toutefois dans mon projet personnel j’ai décidé de faire une classe préparatoire afin de comprendre comment j’apprends.
Tu met des mots sur un sentiment qu’on a tous et c’est cool.
Je me reconnais en la personne d’Adrien.
Si je comprend quelque chose, je le retiens sans jamais à avoir à le travailler, sinon le par coeur, j’ai toujours été une quiche sans nom.
D’ailleurs je fais même pas l’effort d’apprendre.
Je pense qu’avant tout, il faut vivre les choses. Et surtout à l’école la meilleure chose à avoir est un prof / maitre qui nous ferait partager sa matière comme une passion et d’un côté pratique.
Honnêtement, je suis des études pour le diplôme qui me sert de rampe de lancement. J’ai plus appris en un stage de 2 mois qu’en un an de cours de marketing …
[...] dans son article Etre autodidacte VS Apprendre à l’école, remarque qu’il n’y a pas de relation réelle entre réussite et diplôme. Il y relève [...]
Excellent article, merci.
et je suis depuis un moment tombé sur ces conclusion du fait que quand on apprend soi-même, on fait plus attention à la manière d’apprendre. Et rien ne vaut une application d’une théorie pour se l’approprier.
Je suis moi même autodidacte (et je pense ne pas être trop con
[...] Apprendre par soi même vs apprendre à l’école [...]
J’ai été professeur d’Écriture Musicale au Conservatoire pendant 30 ans, mais ma passion autodidacte pour les langues anciennes m’a fait PARLER LATIN couramment. Cela m’a tellement passionné que j’ai publié souvent des traductions réputées auprès des universitaires.
Cela, non pour me vanter, mais pour témoigner de ce que la passion prime sur les méthodes scolaires.
Mais ce n’est pas tout: voulant faire partager mes connaissances, j’ai fondé en Belgique SCHOLA NOVA il y a 15 ans. 70 élèves y parlent eux aussi, latin. On peut venir visiter cette école ne dépendant d’aucune pédagogie ni d’aucun organisme.
Je ne puis que donner mon assentiment à presque tout ce que je viens de lire. L’enseignement doit viser à faire de futurs autodidactes, libres d’esprit, indépendants ou plutôt dépendant volontairement de ceux ou de ce qu’ils veulent quand ils le veulent et pour le temps qu’ils veulent. La passion est évidemment, comme dans tout, le moteur primordial de tout apprentissage.
Mais il y a aussi l’enjeu qu’il y ait demain des gens qui aient une autre liberté que celle de penser « comme tout le monde » et qui fassent, comme par le passé, bouger le monde des idées sans rester fixés à des stéréotypes.
Merci Stéphane de ton commentaire et de ton témoignage. Schola Nova a l’air très intéressant, bravo d’avoir créé cet institut!
je suis autodidacte au point où je tiens apporter une vérité à la nature.Lorsqu’on découvre ses talents il est souvent souhaitable de prendre contact avec ceux qui ont aussi des talents afin d’en partager.Il y a une certaine marche à suivre pour se faire valoir autodidacte,parceque on n’est pas le prrremier à le devenir.PLATON dit,il faaut sept aans d’études silencieuses à un homme pour apprendre une vérité,mais il lui faut quatorze ans pour apprendre comment communiqquer cette véritéé à son compagnon.
DAN MUKALA,Educateur spéécialisé,écrivain – cchercheur indépendant et auteur de la nouvelle typologie de l’enfantb atypique.