"Qu'est-ce que j'aimerais faire maintenant?"
Depuis quelques jour, j’expérimente une nouvelle manière d’aborder mes projets et les actions que je veux entreprendre. Il s’agit de me recentrer sur moi-même pour ressentir ce que j’aimerais faire, créer ou produire sur le moment. Je me pose la question : « Là, maintenant, tout de suite, qu’est-ce que j’aimerais faire? ».
Avec cette question, j’oublie les « il faut que », les « je dois » et les « j’ai trop de trucs à faire ». A la place, je laisse parler mon cœur pour savoir ce qui me correspond vraiment dans l’instant, peu-importe que cela soit lié à mes projets ou non.
En fait, j’ai eu l’idée d’essayer cela après avoir discuté avec un de mes potes. Il m’a expliqué qu’un jour, dépité par sa tendance à ne pas réussir à travailler, il s’était posé cette question, et il avait agit suivant sa réponse personnelle. Les résultats qui ont suivis ont été très encourageant pour lui :
-Il a eu un des jours les plus productifs depuis un bon moment.
-Tout ce qu’il a fait n’a requis quasiment aucun effort, puisque cela correspondait à son réel désir de création. Comme il dit, « ça venait du cœur ».
Par exemple, ce jour là il a écrit deux billets sur son blog et j’ai pu personnellement constater que ces billets étaient très bien écrits.
J’ai donc essayé moi aussi de ne fonctionner qu’en fonction de mon intuition du moment, et sans me soucier du tout de ce dont il « faudrait » que je m’occupe. Pendant cet essai j’ai légèrement moins utilisé ma to-do list et me suis plus concentré sur mon ressenti.
J’ai juste essayé cela pendant quelques jours, donc je ne suis pas sûr qu’à long terme, adopter cette attitude amène plus d’avantages que de désavantages.
Cependant, voici les résultats que j’ai pu constater après une semaine d’expérimentation :
1) Tout d’abord, contrairement à ce que l’on peut penser, cela demande une certaine discipline personnelle. Pour moi, cela est dû au fait que je n’ai pas l’habitude de me demander « qu’est-ce que j’aimerais faire maintenant », et que j’agis surtout en fonction de mes projets à long terme en utilisant une to-do list où j’écris toutes les actions à entreprendre.
2) Ensuite, et c’est certainement le point le plus évident qui m’est apparu avec cette expérimentation, c’est que c’est un exercice très difficile pour dire NON. En effet, quand je me suis dit, « je suis mon désir profond maintenant », presque immédiatement j’ai dû refuser toutes les activités qui ne correspondaient pas à cela. Je me suis rendu compte qu’il y a de multiples obligations que je m’impose et qui ne me plaisent pas forcément, et que ce n’est pas facile d’y renoncer. Cela donne l’impression que « ça n’ira pas si je ne fais pas cela » et que « il faut absolument que je fasse cela », et que « je n’ai pas le choix je dois le faire ». A mon niveau, il m’a donc fallu pas mal de courage pour agir selon ce qui me plait. (J’avoue d’ailleurs que je n’ai pas totalement agit selon ce que j’adorerais faire dans le moment par manque de fermeté pour dire « non »).
3)Troisième point, je pense que l’état d’esprit dans lequel on se place est très important :
-Si je me suis levé tard, que j’ai mal mangé, que j’ai passé ma matinée à surfer sur internet devant l’ordi, et que je me demande « qu’est-ce qui me plairait maintenant? » alors la réponse qui vient est quelque chose comme « regarder encore une fois mes mails » ou quelque autre forme d’action improductive et ça ne mène à rien d’épanouissant.
-Si je suis dans un état d’esprit calme, les idées claires, et l’envie de créer et produire quelque chose alors les résultats sont totalement différents. Il ne s’agit pas d’être fainéant, il s’agit plutôt de laisser sa créativité s’exprimer en la dirigeant vers une activité qui nous plait.
4) Dernier point, la plupart du temps, quand je me demandais « qu’est-ce que j’aimerais faire maintenant? », la réponse qui me venait correspondait à mes projets actuels. Comme je suis sur des projets qui me plaisent, alors j’ai envie de les mener à bout, de m’organiser, d’améliorer ma productivité et même de programmer à l’avance ce que je veux faire. Finalement, comme ces projets me plaisent, les actions que je met en œuvre dans l’instant correspondent à mes envies. (Notons aussi qu’en ce moment je suis en vacances, donc je n’ai pas d’obligations à me rendre à un job.)
Dans le cas où l’on n’a pas de projet bien précis, je ne peux pas vraiment le prouver, mais j’ai bien l’impression que suivre son envie d’agir débouche automatiquement sur un projet plus important qui va nous plaire.
Par exemple, si l’on a un job qui ne nous correspond pas du tout et pour lequel on dépense beaucoup d’énergie, suivre son désir profond immédiat serait de quitter ce job (quand je disais que c’est un exercice pour dire non
). Ensuite il est probable que l’on soit porté à ne rien faire ou à partir en vacances aux Maldives. Eh bien je pense que cette période serait nécessaire pour se ressourcer et faire revenir une envie de créativité. Cette créativité finirai bien par se manifester et déboucherait sans aucun doute sur un projet plus important et gratifiant.
C’est pourquoi je pense que si l’on a les idées claires et un état d’esprit créatif, « suivre son cœur » et son désir d’agir immédiat est aligné avec un projet intéressant, même si on ne sait pas encore lequel.
Pour conclure je pense que se recentrer sur sa « petite voix » et se dire « qu’est ce que j’aimerais vraiment faire maintenant ? » est un outil efficace qui peut être utilisé en complément de la discipline personnelle lorsqu’on commence à bloquer et à se fatiguer sur un projet, et je pense que je continuerai à l’utiliser de temps en temps.
[...] en partie l’analyse de l’inclination que je viens de vous proposer. Alban, son auteur, écrit ceci : “Depuis quelques jour, j’expérimente une nouvelle manière d’aborder mes projets et [...]
Salut !
J’ai lu ton article juste après avoir mené une réflexion un peu similaire. Du coup, j’ai fait référence à ton article. Je compare ainsi nos approches :
« Là où nos approches diffèrent, c’est justement dans la relation de cette attention nouvelle [à l'inclination du cerveau au moment présent] à toute cette liste de choses à faire. Il aborde la question en choisissant de les ignorer complètement, tandis que pour ma part je me demande comment utiliser au mieux une inclination (qui ne me dit pas exactement la chose que je veux faire) pour faire justement tout ce qu’on a à faire, notamment au travail. »
Ceci dit, à la réflexion, notre définition de l’inclination n’est peut-être pas vraiment la même… C’est ce que je dis à Argancel dans les commentaires :
« quand je parle d’”inclination” – est-ce le bon terme… – je pense à l’architecture présente du cerveau, qui favorise au moment présent telles de nos compétences, plutôt que d’autres.
C’est un peu différent du fait de se sentir porté à écrire sur tel thème plutôt que sur tel autre, il me semble.
Mais au final, oui, il s’agit bien de se laisser porter par l’affect du moment. »
Au fait, pour ceux que ça intéresse, c’est ici :
http://www.lafabriquedesidees.com/2008/09/etre-efficace-en-utilisant-son-cerveau-partie-3/
Salut Boréale, ouais j’ai lu ta série de trois articles sur comment être efficace en utilisant son cerveau. En effet nos approches différents légèrement mais c’est quand même très proche.
Je l’ai peut-être pas très bien exprimé pour ne pas paraître trop « woo woo » mais ma définition de « l’inclination » était d’écouter sincèrement mon cœur sur le moment. J’essayais de faire en sorte de regarder profondément en moi et d’agir dans la direction qui m’apparaissait alors, pour que ce soit l’action la plus sincère et authentique possible par rapport à ce que « j’aimerais faire ». Donc en effet je choisissais d’ignorer complètement ma to do list.
Par contre j’aime beaucoup ton approche plus organisée. J’ai trouvé intéressant que tu aies catégorisé comme ça tes inclinations pour retrouver facilement où tu situe et pour choisir ton action sur ta to do list en conséquence. Voilà qui me donne envie d’en prendre de la graine
Ben voilà qui me fait plaisir !